OUTREAU, la verité abusée
Marie-Christine GRYSON-DEJEHANSART

Extrait de la lettre envoyée par l'un des enfants victimes au juge Burgaud après le procés en appel

« Je vous écris cette lettre pour vous remercier de tout ce que vous avez fait pour moi », commence l’enfant victime aujourd’hui majeur. La rancoeur transpire dans ce texte poignant : « J’ai fait une erreur de ne pas parler au tribunal de Paris », concède-t-il. « Tout le monde doit savoir ce qui s’est vraiment passé » fait-il savoir à plusieurs reprises dans la lettre. Quelques lignes plus loin, il veut « dire aux Français » sa version de l’affaire d’Outreau, évoquant l’idée « d’écrire un livre ». Dans son texte, l'enfant parle de ses blessures. Des plaies toujours ouvertes : « J’ai failli me suicider », écrit-il. « Ils ont détruit ma vie, je voudrais dire à la France ce que moi et les autres enfants avons subi. » Son avocat est frappé par « sa force extraordinaire, qui tient de la survie ». Il concède toutefois que son travail a consisté « à canaliser cette fougue, à l’exprimer de manière posée en se tenant aux questions de droit ».

Source : La Semaine dans le Boulonnais du 10 décembre 2008